studio GOBZ'INK "Si le monde n'a absolument aucun sens, qui nous empêche d'en inventer un ?" (Lewis Carroll)

1Oct/090

[bestYoles] Gestion des handicaps physiques

Posted by ShamZam

Nombre de jeux de rôles incorporent une gestion d'avantages et d'inconvénients en équilibre. J'ai personnellement toujours adoré jouer sur ces leviers pour typer mes personnages et leur donner un thème, une profondeur et aussi un peu les optimiser. Pour moi, la création de personnage constitue donc une grande partie du plaisir que je retire du JDR. Pour bestYoles, il m'apparaissait dès lors important d'y souscrire aussi. Cependant, je me suis aperçu bien vite que ça ne serait pas si simple. De plus, j'ai aussi retrouvé sur les forums, pas mal de témoignages d'autres rôlistes qui expliquaient à quel point ce genre de cuisine les rebutait et leur faisait perdre du temps dans le lancement d'un nouveau jeu.

D'ordinaire donc dans les JDR que je connaît, le recours aux défauts/handicaps/inconvénients procurent des points de création supplémentaires pour améliorer son personnage, ou alors c'est un système d'équilibrage avec les avantages qui est proposé, comme dans Agone. Tout naturellement, j'avais donc tablé au départ que les handicaps physiques *apporteraient des points de Souffle supplémentaires dans bestYoles. En effet, ce Souffle supportant la création, l'évolution et la magie du jeu, ça m'apparaissait tout indiqué. Je voyais derrière ce contre paiement, la possibilité de considérer de manière optimiste un défaut comme une aubaine pour l'âme, à même de connaître plus de difficultés dans sa vie et donc de l'enrichir et de lui permettre une ascension plus rapide. Seulement il y avait là une incohérence. En effet comment, un handicap qui vient d'être adopté à la création du personnage, et donc symboliquement sa naissance, pouvait-il avoir déjà un impact ? Et comment juger si l'apport de cet handicap se limitait bien à un et un seul point de Souffle ? Je me suis aussi rappeler de l'argumentaire de Démiurge (auteur entre autres d'un JDR éponyme et de Prosopopée, Psychodrame, Loser, ...)que je résumerais ainsi : les mécaniques punitives ou contraignantes ont rarement un impact vraiment favorable sur l'ambiance et le plaisir de jeu, au contraire des mécanique incitatives. Or ici, avec un handicap choisit au départ et n'ayant qu'une infime rétribution, on est bien dans une mécanique contraignante.  Ayant obtenu paiement de la prise d'un handicap, le joueur se devra de jouer son handicap même quand cela lui sera pénible et gênant pour sa créativité. C'est d'ailleurs pour cela que beaucoup de joueurs refusent purement et simplement les défauts si le choix leur en ai laissé. Je l'ai expérimenté avec mes tables d'Agone : 5 pts d'avantages offerts, pour tout point de défauts gain d'un point d'avantage, maximum 10 points de défauts. Le même Démiurge plébiscitait donc plutôt une mécanique incitative pour supporter des défauts, un moyen de donner envie au joueur de s'en rappeler et même d'en jouer.

J'ai donc cherché à respecter ce conseil et trouver une adéquation assez simple pour bestYoles. Elle s'inscrit dans le même registre que l'idée première : chaque corps peut être lié à un handicap (en donner plus sera déconseillé mais autorisé) qui s'il est joué avec intérêt par un joueur reflètera l'acceptation de celui-là par son personnage et aussi l'apprentissage spirituel qui en aura découlé.

Je me suis aussi rappelé comme j'avais toujours trouvé extrêmement pénibles, les joueurs qui choisissaient des handicaps qu'ils se complaisait à interpréter dans le plus total égocentrisme. Ce sont d'ailleurs souvent des joueurs qui se prennent pour des acteurs de théâtre plutôt que des joueurs. En effet, ils considèrent souvent que bien jouer ,ça veut dire retranscrire jusqu'au bout la psychologie de leur avatar, quitte à monopoliser la parole ou détourner complètement le sens d'une partie. Moi je suis un fervent défenseur du caractère ludique d'un JDR et je ne saurait m'inscrire dans cette voie.

De ce fait, je ne voulais pas que dans bestYoles les défauts puissent avoir ce même problème. L'idée m'est alors venu d'ajouter une clause au gain de Souffle supplémentaire que pouvait apporter l'interprétation d'un handicap. Celle-ci toujours en rapport avec le caractère spirituel du jeu, stipule que lorsqu'un handicap devient un fardeau pour quelqu'un d'autre que soi cela signifie qu'il est rejeté plutôt qu'accepté. De ce fait, le gain de Souffle ne doit pas  être obtenu par le joueur mais par les autres, ceux qui l'ont justement supporté ou aidé.

* Je gère les défauts psychologiques ou traumatismes, autrement à partir du Tourment, cependant pour l'instant c'est une mécanique contraignate plutôt qu'incitative donc faudra que ej revois ça.

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